Mis à jour le 4 février 2021

Michel de Launoit, co-fondateur du MIMA

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métropaul

Chronique de la résilience bruxelloise (44)

La culture est essentielle au lien social !

Comme Michel Kacenelenbogen, Michel de Launoit fait partie de ces entrepreneurs culturels qui font la richesse de Bruxelles. En effet, créer de toute pièce et de sa propre initiative un espace muséal dans la capitale belge n’est pas à la portée du premier zinneke venu. Qui plus est, parvenir à ce que ce lieu soit devenu en moins de 5 ans un centre de référence au niveau international tient carrément du miracle. Notre Ucclo-Molenbeekois peut réellement être fier de ce qu’il a réalisé avec Alice van den Abeele, Raphaël Cruyt et son épouse Florence. Le « Millennium Iconoclast Museum of Art » est considéré comme le temple de la culture 2.0. de la métropole bruxelloise. A l’occasion de l’exposition de Felix Luque Sanchez au MIMA, il m’a paru dès lors opportun d’interroger Michel de Launoit. Ecoutons sa perception de ce momentum hors du commun pour notre écosystème culturel…

Au sein de l’univers de la culture bruxelloise, Michel de Launoit se rend parfaitement compte qu’il est privilégié. Même s’il a perdu 50% de ses revenus en 2020, son établissement est à nouveau ouvert au public, ce qui n’est pas le cas des théâtres et des cinémas. Bref, notre manager culturel est très occupé alors que nombre de ses consoeurs et confrères sont à l’arrêt. « En tant que citoyen, me confie-t-il, je suis très triste. On aurait dû faire autrement. On aurait dû laisser la culture en activité, à jauge réduite bien évidemment. J’observe que dans une dizaine de pays européen, c’est le cas et que cela ne pose pas de problème particulier ».

En réalité, Michel de Launoit estime que la culture est essentielle car elle relie les individus. « Cet été, poursuit-il, beaucoup de personnes sont venues au MIMA. Il y avait les habitants du quartier. C’était déjà fantastique. Mais il y avait aussi beaucoup de gens qui avaient traversé le canal pour venir chez nous. Cela m’a fait beaucoup de plaisir. Le virtuel fait partie de notre ADN et, pourtant, je ne crains pas de dire que le présentiel est indispensable. Pourquoi ouvrir Zara et Ikea et pas les théâtres et les cinémas ? C’est un véritable choix de société. Or, il n’y a pas eu de débat démocratique. Je suis révolté ! ». Une chose est sûre : à la fois pour la nouvelle expo et pour le lien social, vous devez aller au MIMA !

Paul Grosjean

Chroniqueur bruxellois

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