Publié le 24 novembre 2020

Et si on relançait l’économie… grâce aux femmes entrepreneures ?

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Quand on sait qu’à Bruxelles, moins de 50% des femmes entre 18 et 60 ans travaillent (Source WIB, 1819) et que 40.000 femmes sont au chômage (Source Actiris), ne devrions-nous pas (enfin !) nous intéresser à ces femmes afin d’en faire un réel levier pour la nouvelle économie ? Oui, vous savez, celle de demain : une économie qu’on veut plus humaine, plus collaborative et plus inclusive.

Avec le confinement est venu le temps de se recentrer, de revenir à l’essentiel et, de ce fait, certaines ont vécu un regain de créativité. Comme Anouk Rosseels qui a voulu mettre en lien plus de 200 psychologues et les personnes en détresse. L’entreprise d’Anouk a été lancée en 3 semaines et continue de grandir. Valérie Chatel, quant à elle, formatrice et coach en Mindfulness à Bruxelles, a dû annuler ses cours en présentiel. Ni une, ni deux, Valérie a pris son courage à deux mains et s’est digitalisée à la vitesse vv’ : organisation de vidéoconférences en live, écriture de son ebook, élaboration de ses formations en ligne.

D’autres ont expérimenté de nouvelles formes de marketing, comme Pascale Opdebeek, fondatrice de Open yourself, qui a mis sur pied un parcours ouvert et gratuit sur les réseaux sociaux. Résultat des courses : de nouvelles inscriptions à ses formations et plus de visibilité. Même du côté de l’événementiel, des créatives, comme Katia Mahieu, de Kat’s eyes, ont accompagné leurs artistes à la digitalisation, par exemple, en organisant des concerts online.

Le fossé se creuse entre les genres
Mais certaines femmes ont fait appel au droit passerelle et certaines ont reçu en guise de réponse : “Êtes-vous certaine que c’est bien votre activité qui a stoppé ou que vous avez préféré vous occuper de votre bébé ?”. À Bruxelles, dans 9 cas sur 10, c’est la mère qui a la charge des enfants. Or, le revenu annuel d’une indépendante bruxelloise est de 20.367€ par an (Source 1819, baromètre 2017), soit 28% de moins que leurs homologues masculins… Étrange de constater que cet écart de revenus est le même que chez les employés !

En un mois, 40 % des femmes entrepreneures ont perdu plus de 70 % de leur chiffre d’affaires et 54 % considèrent que leur société est menacée de dépôt de bilan. La situation s’avère critique pour les mamans solos qui ne disposent d’aucun répit ni relais pour se consacrer à leur activité. Près de la moitié d’entre elles déclarent d’ailleurs ne pas avoir pu maintenir d’activité du tout pendant le premier mois de confinement contre 30 % pour les entrepreneures en couple ou célibataires sans enfant et 22 % estiment avoir perdu la totalité de leur chiffre d’affaires. (Source Partena).

Comment favoriser le travail des femmes ?
Quand on sait qu’une personne au chômage coûte 34.000€ par an au gouvernement (source Actiris), ne serait-il pas judicieux de mettre cet argent à profit pour faciliter la vie des femmes au travail ? Voici quelques suggestions. Il s’agirait d’abord de faire correspondre les périodes des congés de maternité et de paternité. Si les deux parents s’absentaient 3 mois ensemble, cela assurerait moins de discrimination à l’embauche, plus de partage des tâches, plus d’équilibre dans les carrières et plus d’égalité dans les retraites !

Il faudrait également mieux subsidier les écoles et les stages. Comment est-ce possible de développer sa carrière en faisant un “9h-16h” ? Pas étonnant que, parmi les postes à responsabilités, on retrouve seulement 28% de femmes (Source Actiris). Quant aux stages d’été, ils coûtent souvent une centaine d’euros, voire plus. Comment assumer cela avec un salaire moyen et plusieurs enfants à charge ?  On devrait par ailleurs prolonger le droit passerelle pour les femmes entrepreneures. Pourquoi ne pas permettre aux femmes qui veulent se lancer ou qui n’ont pas encore atteint le seuil de rentabilité de leur activité d’accéder au droit passerelle ou à un revenu universel minimum ?

Enfin, je suggère de subsidier les gardes d’enfants et les crèches mais autrement que sous la forme des titres-services. En effet, ces titres-services sont une “fausse bonne idée”. En obligeant à avancer l’argent, ils favorisent les ménages les plus aisés. Je pose dès lors la question : est-ce que nos politiciens vont mettre une de ces 4 solutions en place ? Seul l’avenir nous le dira ! Faudra-t-il une révolte des entrepreneures ? N’y pensez pas, elles n’ont pas le temps… Elles travaillent et s’occupent des enfants !

Article écrit par Florence Blaimont.
Extrait tiré du Lobby 48, sorti en juin 2020.