Mis à jour le 16 novembre 2020

Le leadership ne s’envisagera plus jamais comme avant !

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Particulièrement dans les entreprises, les managers sont amenés à tirer les leçons de la crise et à revoir leur mode de leadership. Encore doivent-ils savoir vers quel modèle évoluer. C’est pour répondre à cette question stratégique que nous avons interrogé Filip Grisar, expert en leadership, spécialiste du processus du changement. À écouter sans modération…

LOBBY : Quelle est votre vision du leadership ?
Filip Grisar : Mon principal credo, depuis toujours, c’est l’humain dans l’entreprise. J’essaie de faire comprendre que le système hiérarchique est dépassé et qu’il faut miser sur la solidarité. À partir du moment où l’entreprise recourt de plus en plus à des hyperspécialistes, chacun a forcément besoin de l’autre. Ma démarche est donc de développer un état d’esprit chez le leader pour lui permettre d’inspirer, d’accompagner, d’offrir une vision, de recréer du lien à l’interne et à l’extérieur. Il doit se comporter comme le chef de l’équipe des hyperspécialistes. Cela demande qu’il ait confiance en ses collaborateurs. Et vice-versa. En fait, il faut mettre en place la culture du dialogue, notamment entre les générations. Il s’agit de faire en sorte que chaque collaborateur puisse trouver sa place sans que le leader ait peur de perdre la sienne. Cela peut nécessiter dans certains cas une nouvelle organisation de l’entreprise. Sans pour autant faire la révolution. Pour y arriver, le leader doit s’extirper de l’opérationnel et porter un regard sur lui-même. Confiance et humilité sont les mots-clés. Et n’oublions pas la clarté. Le leader se doit de fixer des objectifs clairs en termes de résultats à atteindre. Enfin, il y a l’agilité et la flexibilité. Il faut sans cesse s’adapter…

LOBBY : Mais en quoi la crise actuelle change-t-elle le leadership ?
FG : Elle change le leadership en ce sens que l’environnement virtuel peut casser le lien. En tout cas, l’environnement virtuel empêche la spontanéité relationnelle. Avec comme conséquence de créer l’individualisation. En d’autres termes, l’ère actuelle peut être dangereuse pour la culture d’entreprise…

LOBBY : Et que penser du télétravail ?
FG : Auparavant, les collaborateurs venaient au bureau et c’était facile de les contrôler. Maintenant, avec le homeworking, on doit mettre en place des outils de monitoring. Avec le risque que cela aille trop loin. L’intelligence artificielle peut tuer l’intelligence collective. De toute façon, un leader ne peut pas être payé pour contrôler le personnel.

LOBBY : Mais le leader actuel peut-il se passer des nouvelles technologies ?
FG : J’anime moi-même des vidéoconférences. C’est dire si je crois dans les nouvelles technologies. Mais, en même temps, je suis convaincu que le lien humain est primordial. Miser tout sur la virtualisation revient à sacrifier ce lien. Bref, après la crise, on assistera au retour du présentiel.

LOBBY : En conclusion…
FG : Cette crise rend le changement inéluctable. À partir de là, le leadership est la capacité d’initier des décisions grâce à l’empathie et à l’assertivité. Leader, c’est le plus beau métier du monde !

Pour tout renseignement : www.quan-tum.be

Extrait tiré du Lobby numéro 48
Article écrit par Paul Grosjean