Mis à jour le 13 août 2020

Chroniques de la résilience bruxelloise (19)

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métropaul

Beyrouth, 325 ans après Bruxelles…

En 1695, sur ordre de Louis XIV, les troupes françaises du Maréchal de Villeroy procèdent au premier bombardement de l’Histoire contre une ville. Il s’agit en l’occurrence de Bruxelles. Les dégâts sont considérables. Un tiers de l’agglomération est détruit. 4.000 maisons sont brûlées. Des milliers d’habitants se retrouvent dans la rue. Le paradoxe est que cette ignominie va permettre aux Bruxellois de (re)construire la plus belle place du monde. L’autre conséquence sera la révolte des métiers contre le pouvoir en place. Cet épisode dramatique de l’Histoire de Belgique montre à quel point la lumière peut surgir des ténèbres. Puisse l’exemple bruxellois inspirer nos amis libanais….

Dans son dernier opus, « Nouvelle histoire de Bruxelles » (Editions Racine), Arnaud de la Croix raconte par le menu le bombardement de Bruxelles par les soldats de Louis XIV en 1695. L’idée est d’annéantir la capitale des Pays-Bas espagnols afin de créer une diversion et essayer de faire lever le siège de Namur (par les Pays-Bas, l’Espagne et l’Allemagne). A partir du 13 août et pendant 48 heures, une pluie de boulets incendiaires s’abat sur le centre de Bruxelles. Un tiers de la cité est réduit en cendres, laissant la plupart de ses habitants sans logis. Le bombardement ne sert à rien, si ce n’est qu’on découvre dans les décombres un coffre contenant les anciennes chartes des privilèges accordés aux métiers…

Malgré d’énormes difficultés financières, le centre de Bruxelles est reconstruit entre 1697 et 1702, ce qui constitue un record pour l’époque. Le grand mérite des Bruxellois est aussi d’édifier, selon Gérard de Nerval, la plus belle place du monde. Par ailleurs, ayant découvert que les anciens privilèges des métiers ne sont plus respectés par les autorités, nos compatriotes se révoltent. Comment dès lors ne pas penser à Beyrouth en écoutant cette histoire belge ? Ce que les Bruxellois ont réussi à faire il y a plus de 3 siècles, les Beyrouthins vont le faire maintenant. Car la principale force de nos amis libanais, c’est bien cette extraordinaire résilience…

Chroniqueur bruxellois + 32 477 33 63 22 • www.aubalcondelactu.be • www.clubgrandplace.eu