Publié le 3 août 2020

Dans le rétroviseur de Steve Darcis

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Steve Darcis a changé de costume , ou plutôt de training. Sept semaines sans rien faire, c’est le maximum qu’il pouvait supporter entre son dernier match sur le circuit et son nouveau job au centre de formation fédéral à Mons… du moins avant qu’un drôle de virus ne le contraigne à nouveau à l’inaction provisoire. On a évoqué avec lui sa nouvelle ou future vie, mais aussi jeté un dernier coup d’œil dans le rétroviseur par le petit bout de la lorgnette. Entretien.

On a rendez-vous dans les installations de Géronsart, sur les hauteurs de Jambes, des installations acquises en début d’année par le père d’Arthur De Greef qui a pour projet de pérenniser le club namurois avec son fils. Steve Darcis y entraîne ce matin-là les deux jeunes de la fédération francophone (AFT) Gauthier Onclin et Arnaud Bovy, ex-Top 10 et Top 30 mondiaux juniors. Une semaine plus tard, tout va s’arrêter en raison d’une crise sanitaire sans précédent, mais cela ne change rien au fait qu’à moyen terme son expertise et son expérience doivent permettre aux meilleurs jeunes pros AFT d’accélérer leur progression vers le premier niveau ATP, les tour- nois Challenger. « Shark » a à peine eu le temps de prendre ses marques. Il dispose d’un bureau à Mons, mais n’est pas du genre « à rester assis derrière, sur une chaise. » « Je ne servirais à rien, si j’ai quelque chose à transmettre c’est sur le court. Ces jeunes ont le bonheur de pouvoir compter sur un interlocuteur qui a vécu leur vie, qui peut sans doute mieux les comprendre, j’aurais aimé avoir cette chance à leur âge, même si je n’ai pas à me plaindre, je me suis bien amusé (sourire). »

PT. Qu’est-ce qui vous a décidé à revenir travailler à l’AFT, où le salaire n’a bien sûr rien à voir avec ce que l’on peut gagner sur le circuit ?
S.D. :Je l’ai dit, ce qui m’a décidé c’est déjà le fait que ce soit basé en Belgique, pour mes deux petites filles dont j’ai toujours aimé m’occuper, j’aurais pu partir à l’étranger, je n’aurais jamais été à la maison, cela aurait été plus compli- qué. Je voulais faire quelque chose qui me plaisait réellement, et je connais bien « la machine », j’ai fait toutes mes classes dans ce Centre, dans cette fédé- ration, je ne suis pas en terre inconnue. Le fait que Thierry (Van Cleemput, ex- coach de David Goffin) y soit revenu au même moment a certainement joué aussi. Au niveau formation, Tennis Etudes, et même prise de décisions, c’est la meilleure chose qui soit arrivée à l’AFT depuis longtemps, on trouve difficilement mieux en Belgique. Il y a des jeunes qui jouent bien, avec du potentiel, mais il y a aussi beaucoup de boulot, il faut même parfois repartir de la base. En Belgique, en France, dès qu’un gamin sort du lot à 10/12 ans on se dit que c’est le futur Gasquet, le futur Goffin, alors que cela ne veut rien dire dutout,à14anstunesaispasceque tu dois faire pour être bon, des « numé- ros un » de cet âge-là que l’on a vu trop jeunes trop forts et qui n’ont jamais pris un point ATP il y en a plein. Tu com- mences à avoir un peu plus une idée à 18 ans, mais même là cela reste aléa- toire. « Dav » (Goffin) n’était pas bon à 14 ans, pas bon à 16, pas mauvais à 18, et il a complètement éclaté un peu plus tard, mais c’est ce que j’appelle une évolution normale, il faut du temps, à part quand on s’appelle « Oli » (Rochus) et qu’on est un génie du tennis.

PT. Quelle est exactement votre fonction ?
S.D. :Au sein de la direction sportive, j’ai l’entière charge de gérer le team pro,, Gauthier (Onclin), Arnaud (Bovy), Clément (Geens), ainsi que Louis (Herman) ou Raphaël (Collignon) qui en finissent avec l’école, et on m’a laissé carte blanche pour choisir mon équipe, un entraîneur tennis, Ananda Vandendoren, l’adjoint de Johan (Van Herck) en Coupe Davis qui connaît bien les jeunes et le circuit, ainsi qu’un entraîneur physique, Alexandre Blairvacq, qui s’est occupé de moi pen- dant trois ou quatre ans en parallèle avec Fabien Bertrand. J’ai des respon- sabilités, on me fait confiance, c’est également quelque chose qui a pesé dans mon choix, un nouveau et beau challenge à relever.

Extrait tiré du Play Tennis numéro 373, pour voir la suite de l’article rendez-vous ICI.