Mis à jour le 8 juin 2020

1991 WOOSNAM : Le petit maître gallois

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Ian Woosnam n’a remporté qu’un seul Major dans sa carrière. Mais quel Major ! Si on imaginait le petit Gallois s’imposer sur un Links de The Open, c’est en effet dans le parc manucuré de l’Augusta national Golf Club qu’il est sorti en maître incontesté.

Faisant partie de l’équipe européenne victorieuse en Ryder Cup lors des éditions 1985, 1987 et en 1989 (via un partage en tant que détenteur du titre), Woosnam ne fait pourtant pas figure de favori lors de ce Masters 1991. Le Gallois n’évoluait en effet quasiment jamais aux Etats-Unis depuis ses débuts professionnels en 1976, jouant principalement sur l’European Tour où il a multiplié les titres (29) alors qu’il ne s’est imposé qu’à une seule reprise, outre le Masters, sur le PGA Tour américain. Et ce lors de USF&G Classic 1991, ancêtre de la Zurich Classic disputée en Louisiane, à proximité de la Nouvelle-Orléans.

Chaussure à son pied
Mesurant à peine 1,64m pour 73 kilos dans ses meilleures années, Woosnam préférait en effet ne pas s’attaquer aux Américains sur leurs parcours généralement très longs. Mais à Augusta, il a trouvé chaussure à son pied, alors que le parcours requiert un jeu complet et une science tactique plutôt qu’une longueur de drive phénoménale. Après avoir rentré sans trembler un putt de 2 mètres pour s’imposer sur le dernier par, Woosnam s’est accroupi avant de lancer, rageur, son poing en avant. Une image qui restera dans les annales…

Et à ce petit jeu, Woosnam pouvait largement rivaliser avec les ténors mondiaux de l’époque, qu’ils soient Européens ou Américains, ces derniers espérant casser la domination du Vieux Continent durant cette période, puisque Sandy Lyle s’était imposé en 1988 et Nick Faldo en 1989 et 1990. Mais c’est donc bel et bien Ian qui a poursuivi la lignée européenne, en s’imposant à douze coups sous le par avec un petit coup d’avance sur José Maria Olazabal. Les Américains avaient dû baisser pavillon tour à tour, à l’instar du trio Jim Gallagher, Mark McCumber et Lanny Wadkins, leaders à l’issue du 1er tour (67), ou encore de Tom Watson, qui avait pris les commandes à mi-tournoi via deux cartes de 68 et encore à un coup à l’entame du dernier tour. Woosnam, qui avait bouclé son deuxième parcours en 66 coups et son troisième en 67, a fait preuve quant à lui jusqu’au bout d’un mental d’acier et d’un putting d’enfer. Abordant le dernier trou à égalité avec Olazabal et Watson, le Gallois a ainsi vu ses adversaires partir à la faute, respectivement dans le bunker et dans le petit bois à droite. Il a rentré quant à lui sans trembler un putt de 2 mètres pour s’imposer sur un dernier par. Il s’est alors accroupi avant de lancer, rageur, son poing en avant. Une image qui restera dans les annales… et dans le coeur des Gallois, qui n’ont plus été à pareille fête depuis 30 ans !

Merveilleux souvenir…
“Tout le monde rêve de rentrer un putt au dernier trou pour remporter le Masters. Je l’ai réalisé, et je conserverai ce souvenir jusqu’à la fin de mes jours” confie régulièrement “Woosie”, dont la principale qualité à toujours été… son mental de guerrier, celui qui lui a permis d’être un joueur, mais aussi un capitaine redoutable en Ryder Cup, remportant l’édition 2006 à la tête de l’équipe européenne au K Club à Dublin. À 62 ans bien sonné, il pourrait encore être de la partie cette année à Augusta, même s’il a raté le cut lors de 17 de ses 18 dernières participations. Mais le Gallois, qui a été très longtemps compétitif sur le Senior Tour européen dont il a remporté l’ordre du mérite en 2008, n’en a cure : s’il revient à Augusta, c’est surtout pour se rappeler son moment de gloire et cette Green Jacket posée sur ses larges épaules par Nick Faldo.

Extrait du Play Golf 278
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