Mis à jour le 29 octobre 2020

1997 WOODS : Le jour où le golf a changé de dimension

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Tiger Woods of the United States celebrates after getting a birdie on the 16th green during the first round of the British Open Golf Championships at Royal Portrush in Northern Ireland, Thursday, July 18, 2019.(AP Photo/Jon Super)

Le 13 avril 1997 est une date à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire du golf. Ce jour-là, Tiger Woods a fait entrer son sport dans une autre dimension. Tout golfeur un minimum curieux sait en effet qu’il a remporté son premier Major lors de ce Masters et suscitait l’attrait des médias planétaires, en étant le premier “Afro-américain” à dominer un sport encore très conservateur, voire même colonialiste du côté d’Augusta. À l’image du co-fondateur du club Clifford Robert, qui avait déclaré : “Moi vivant, les golfeurs seront tous blancs et les caddys tous noirs”… ce qui était encore le cas jusqu’en 1983 au Masters !

Flash-back sur cette 61e édition de 1997
Si Tiger n’est pas le premier joueur afro-américain à disputer le Masters -Robert Lee Elder y sera invité à quatre reprises dans les années ‘70-, il est par contre le premier à s’y présenter en… favori, alors qu’il n’a pourtant que 21 ans et 3 mois. Mais depuis ses débuts professionnels l’année précédente, Woods fait parler de lui en s’étant déjà imposé à trois reprises sur le PGA Tour. Il dispute son 3eMasters, le premier en tant que professionnel alors qu’il a déjà joué les deux précédents après avoir gagné l’US Amateur 1994, s’étant fait remarquer avec une moyenne de distance au drive (311 yards) inégalée à l’époque.

Ce qui a frappé les esprits, c’est la manière avec laquelle Woods a dominé ses adversaires, en s’imposant à 18 coups sous le par -record qu’il détient toujours 23 ans plus tard- avec douze coups d’avance, alors que même le grand Jack Nicklaus n’avait pas réussi une telle gageure lors de son record en 1965, dans le cadre de son 2e titre au Masters (-17, 9 coups d’avance).

Et pourtant…
À l’issue de la première journée, rien ne semblait pourtant présager un tel phénomène, Woods signant une carte de 70, à trois coups du leader John Huston. Associé avec le champion en titre Nick Faldo, il est assez contracté et n’est pas très en swing, passant au turn en 40 coups (+4). Mais il parvient ensuite à rectifier le tir via un swing plus court, tout en étant en deux sur les par 5, dont un eagle donné via un coup de wedge au trou n°15 qui provoque l’hystérie des (télé)spectateurs, tout comme son retour en 30 (!) coups.

Sa carte de 66 lui permet de prendre les commandes, avec trois coups d’avance sur Colin Montgomerie et Costantino Rocca. Son 65 du moving day, bogey free, est tout simplement parfait (7 birdies), portant son avance à neuf coups sur Rocca. Tiger gère alors son dernier tour devant un public tout acquis à sa cause, avec quatre birdies pour un seul bogey et une carte de 69 à la clé. Tom Kite finira runnerup, tandis que Montgomerie, bon perdant, déclarera : “Il n’y avait aucun moyen humain de battre ce phénomène”. Woods a donc joué +4 sur les 9 premiers trous, et -22 sur les 63 suivants : c’est en effet tout simplement prodigieux. Le 15 juin 1997, il devenait n°1 mondial, soit l’ascension la plus rapide de l’histoire.

Extrait du Play Golf 278