Mis à jour le 20 mai 2020

Chroniques de la résilience bruxelloise (7)

Partager sur
métropaul

Les restaurateurs bruxellois veulent reprendre !

 

Au même titre que la culture et l’événementiel, l’HORECA fait partie des grands oubliés de la crise. On finira par croire que les virologues détestent aller au restaurant et qu’ils n’ont pas envie de ramener ce secteur à la vie. Du bout des lèvres, le CNS envisage bien une réouverture pour le mois de juin mais il n’en précise aucune modalité pratique. Heureusement, à Bruxelles, comme ailleurs en Belgique, les tenanciers n’attendent pas les instructions fédérales. Ils préparent déjà activement leur retour. C’est le cas de Gatien Thiry à Uccle. Impossible de ne pas entendre cette envie de retravailler…

Récemment, une quarantaine (sans mauvais jeu de mots) de chefs de Bruxelles, du Brabant wallon et du Brabant flamand ont déployé sur la Grand Place 800 blouses de cuisinier. A l’initiative d’Antonio Pinto, patron du Belga Queen, ils ont voulu sensibiliser les pouvoirs publics, fédéraux et régionaux, au drame économique et social vécu par le secteur HORECA. Dans leur lettre ouverte à Sophie Wilmes, ils soulignaient qu’après trois années de survie, ils étaient dans une situation critique. Au niveau belge, cela représente plus d’un demi-million de travailleurs, directs et indirects, qui sont sans emploi. Certains parlent de 40% de faillites en perspective. Bref, il faut que les autorités bougent au plus vite et à tous les niveaux : TVA, cotisations sociales, subsides, prêts, chômage économique pour force majeure, état de catastrophe sanitaire, déductibilité fiscale,… Mais si ces conditions sont nécessaires, elle ne sont pas suffisantes. C’est d’abord et avant tout le secteur lui-même qui s’en sortira. A l’image de Gatien Thiry qui a maintenu à flot le Giardino à Uccle…

« Je n’avais pas le choix, m’a confié Gatien Thiry. Je devais m’adapter car le monde était en train de changer. Je me suis rattrapé grâce au take away. Je ne le regrette pas. Grâce à cela, j’ai pu survivre. Même si j’ai perdu 75% de mon chiffre d’affaires, je suis toujours là. Je peux préserver l’emploi, payer mes fournisseurs et garder le contact avec mes clients. Puis, je suis en mesure de préparer le retour aux affaires. Je vais mettre des plexis et des parois. On va réaménager les espaces et revoir la terrasse. Et pourquoi pas un nouveau service dès 18h30 ? Il faut sortir de sa zone de confort. Mes 14 collaborateurs sont prêts à le faire. Quant à moi, je vais avoir 50 ans. C’est l’occasion de me réinventer ». Voilà un quinqua nerveux mais heureux !

Chroniqueur bruxellois + 32 477 33 63 22 • www.aubalcondelactu.be • www.clubgrandplace.eu