Mis à jour le 14 mai 2020

Chroniques de la résilience bruxelloise (6)

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métropaul

Et si Michel Kacenelenbogen devenait Ministre
de la Culture ?

Cette crise présente l’avantage d’être un fantastique révélateur. De plus en plus, les leaders prennent la parole afin de défendre leur secteur. Ce faisant, ils mettent « bas les masques » (sorry pour le jeu de mots) et dévoilent leur engagement sociétal. C’est le cas de Michel Kacenelenbogen qui, depuis quelques temps, monte aux « barricades » pour revaloriser l’activité culturelle. Sa démarche est intéressante car elle manifeste une vision de la culture, non seulement sociale, mais aussi entrepreneuriale. Vu le surendettement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, j’ai la faiblesse de croire que c’est la bonne approche…

Michel Kacenelenbogen (ou Michel Bogen) est né le 9 mai 1960 à Bruxelles. Tout ceci pour dire qu’il vient de passer, en plein confinement, un cap important. C’est donc l’occasion de dresser un bilan (provisoire) auquel il faut associer Patricia Ide, son épouse et partenaire. A leur actif, il y a évidemment et d’abord leurs deux filles, Jeanne et Lou. A ces deux perles, ils ont ajouté le Théâtre Le Public, fondé il y a 25 ans. Leur démarche à l’époque était audacieuse puisqu’il s’agissait de fonctionner sans subsides publics. Leur société de télémarketing « KI Partners » permit de réaliser ce rêve pendant quelques années dans la mesure où elle finançait leur projet culturel. Aujourd’hui, leur établissement est devenu un acteur incontournable du théâtre bruxellois, parvenant à concilier impact populaire et exigence artistique. En « année normale », Le Public recouvre 40 collaborateurs fixes, 200 artistes recrutés, 600 représentations, 120.000 spectateurs, 12.000 abonnés.

Ce bilan économique ne doit pas nous faire oublier que Michel Kacenelenbogen est avant tout investi dans les arts du vivant. Comédien, producteur et metteur en scène, il se dédie bien sûr au théâtre mais aussi au cinéma et à la télévision. Venant d’accéder aux « golden sixties », il pense davantage aux générations futures. « Comme l’enseignement, la culture est l’un des piliers de notre démocratie. Or, nous sommes à une période-charnière. Il devient urgent de réinventer ce secteur. Pour y arriver, il s’agit de susciter une véritable coopération entre les autorités publiques, les acteurs professionnels et les citoyens.  A nous de créer ensemble un système fondé sur la solidarité et sur le sens ». C’est tout le mal qu’on souhaite à ce secteur représentant tout de même 5% du PIB et près de 200.000 travailleurs…

Chroniqueur bruxellois + 32 477 33 63 22 • www.aubalcondelactu.be • www.clubgrandplace.eu