Mis à jour le 26 décembre 2019

La Patinoire Royale, nouveau pôle d’attraction de la culture à Bruxelles

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Lorsqu’ils dressent le bilan de la culture à Bruxelles en 2019, les commentateurs ont tendance à privilégier le secteur public au détriment de l’initiative privée. C’est dommage. Ils devraient par exemple s’intéresser à la Patinoire Royale qui est devenue une référence sur le plan de la programmation artistique. Avec des moyens réduits, cet espace privatif parvient à maintenir une exigence culturelle qui n’a rien à envier à celle de Bozar, Kanal ou Flagey…

Mon excellent confrère Michel Verlinden fait allusion, dans la rétro 2019 du Vif, à l’état de la culture à travers le globe. Selon lui, l’époque où le monde artistique pouvait espérer une aide du secteur public est révolue. Résultat : le privé prend la main. Parmi les signes de cette mutation, il pointe l’émergence de méga-galeries à travers le monde comme la Pace Gallery et ses 7.000 m2 à New York. En Belgique, il cite la Tim Van Laere Gallery qui vient de s’installer sur 1.000 m2 à Anvers.

Pour nous, le cas de la Patinoire Royale-Galerie Valérie Bach à Saint-Gilles est plus fort. Ce magnifique bâtiment, datant du 19ème siècle, se dédie à la culture sur 2.200 m2. Son expo “Painting Belgium” (qui s’est terminée le 7 décembre) peut être rangée parmi les grands succès de l’année culturelle à Bruxelles. Sous la direction de Constantin Chariot, cette rétrospective de l’abstraction belge entre 1945 et 1975 a attiré plus de 40.000 visiteurs. Grâce au Commissaire Général, Serge Goyens de Heusch, 44 artistes ont été réunis, dont Alechinsky, Bogart, Delahaut et Wyckaert. Pour la première fois, depuis près de 40 ans, le public a pu découvrir un ensemble aussi qualitatif d’oeuvres de cette période. Après “Sculpting Belgium, “Painting Belgium” prouve que cette vision “belgicaine” répond à une attente. Et seul, le secteur privé peut s’y inscrire. Du côté politique, cette approche fédérale de la culture belge a disparu depuis belle lurette…